Je m’intéresse principalement à la notion de mémoire et tente de comprendre la façon dont les différents modes de production d’une image influent sur celle-ci. Je me réapproprie des images trouvées (livres, sites Web, vieux albums de famille..) que je réinterprète par l’amalgame de la sérigraphie et de la peinture. L’accumulation jusqu’à saturation, l’effacement et la réinscription font partie d’un processus récurrent au sein duquel je recherche une tension entre l’image imprimée et la matière picturale.
Je m’oppose à l’idée réductrice du médium imprimé comme simple action mécanique visant la reproduction d’un même modèle. En considérant la l'écran de sérigraphie comme un outil permettant l’application de la matière, je fait fit des normes de la bonne impression. Je valorise certains accidents et hasards pour leur potentiel expressif et observe les glissements qu’ils occasionnent au sein de la représentation. Je conçois ces traces laissées à même l’image comme des brèches, des interstices renvoyant à la fragilité de nos repères temporels.

Mon travail s’appuie sur une dimension historique et subjective de la conscience. Le processus cérébral qui permet la création et la conservation des souvenirs m'intéresse particulièrement. J'utilise l’image source photographique en tant qu'empreinte du réel et c'est en ce sens que je la considère comme un vecteur mémoriel. Je tente de mettre de l’avant plan la malléabilité des images vernaculaires en leur imposant une matérialité picturale. Ainsi, je crée des compositions où le réel est transfiguré par la couleur.

Réalisation : Xavier Orssaud